Rebecca, une indépendante qui aime partager

Depuis quelques mois, Rebecca chapeaute l’ensemble du réseau des FUN Girls en France et en Belgique. Rencontre avec une jeune femme déterminée et sensible, passionnée par les rencontres humaines.

Comment es-tu arrivée dans l’univers du sextoy ?

Mon métier d’origine était journaliste freelance mais j’ai fait pas mal de boulots différents : j’ai travaillé dans une bouquinerie, à la télévision,… Mais ce que je voulais par dessus tout, c’était être indépendante dans mon travail. C’est en travaillant à mi-temps dans une libraire de Bruxelles que j’ai découvert un petit magasin, Lady Paname, qui a été une révélation pour moi : on pouvait parler d’érotisme de cette manière-là. Je suis féministe et j’avais envie de faire des choses pour libérer les femmes. Cette approche de la sensualité a collé pour moi car elle mettait en avant le regard de la femme. J’ai commencé à animer des réunions à domicile mais je n’avais aucune expérience dans les sextoys ! J’ai appris toute seule, j’ai beaucoup lu et surtout j’ai appris en faisant les démonstrations. En 2003, on ne parlait pas encore trop des sextoys mais la mode commençait à apparaître et j’ai eu beaucoup de demandes de réunions, ce qui m’a permis ensuite d’ouvrir un magasin à Malines, au nord de Bruxelles.

Ça ne t’a jamais posé de problème de parler de sexe ?

Le sujet m’intéressait vraiment mais je n’avais pas l’habitude d’en parler devant un public. Je rougissais au début ! J’ai gagné en confiance car je me suis aperçue que j’aime partager ce que je sais. Les premières fois qu’on anime une réunion, on est préoccupé de soi-même, de l’impression qu’on donne, puis ensuite des produits, de la connaissance qu’on en a. Mais le plus important, ce sont les gens qui sont là : il faut s’en occuper, partager avec eux. Se poser des questions ensemble, c’est ce qui est génial dans les soirées. On apprend beaucoup et la vente est facilitée quand les gens ont confiance en toi.

Quelles sont les qualités d’une bonne FUN Girl ?

Je crois que c’est très important de savoir écouter et de s’intéresser aux gens. Il faut connaître leurs besoins. Ça vient avec l’expérience, il faut beaucoup travailler et avoir envie de voir les gens. Quand j’ai commencé, j’ai eu peur de me lasser d’animer des soirées avec toujours les même produits ou le même récit, mais quand je me suis concentrée sur les gens, toutes les soirées sont devenues différentes.

Quel est ton rôle aujourd’hui ?

Mon rôle pour FUN aujourd’hui est de soutenir au mieux les FUN Girls, de prévoir leurs besoins, d’améliorer tous les aspects de la gestion des réunions. Ce que j’aime le plus, c’est le contact avec les filles, voir comment elles se débrouillent dans leur tâche de marraine par exemple. Avec toutes leurs expériences, il m’est facile de déléguer des responsabilités et c’est une vraie force du réseau FUN : nous avons toutes envie de nous entraider, de partager des astuces. Il n’y a pas de concurrence entre nous, et même si j’ai un rôle plus important que d’autres je n’ai pas l’impression d’être indispensable. D’autres personnes prennent des responsabilités, prévoient des choses, mon but est seulement de faire en sorte que les FUN Party durent et prospèrent.

Comment parler de sexualité aujourd’hui aux femmes ?

Il y a pas une grande évolution dans la manière de parler de sexualité mais dans la façon de parler des sextoys, oui. Au début, il était difficile de convaincre les gens d’acheter un sextoy mais aujourd’hui on me demande quel est le plus puissant ou ce qu’il y a de neuf. On a beaucoup moins de gêne. La sexualité reste une chose privée mais les femmes, notamment grâce à un nouveau féminisme positif vis-à-vis de la sexualité, ont tendance à s’ouvrir à ce sujet.

Quels sont tes produits FUN préférés ?

Les vibros ! J’aime vendre le Miss Bi, car je sais qu’il va plaire à presque tout le monde. J’aime aussi vendre les nouveautés, notamment les pulsateurs qui sont exclusifs à FUN. Mais si j’arrive à vendre un Cobra (un masturbateur pour homme), là je suis vraiment contente car c’est un jouet vraiment spécial. Les hommes assez ouverts vont ressentir quelque chose qu’ils n’ont jamais ressenti avant, ils vont prendre un rôle un peu passif et ça me touche si un homme est ouvert à ça.